mardi 28 mars 2017

Journée du mardi

Giorno Due

En préalable, la rédaction souhaiterait apporter un démenti formel suite à une information publiée dimanche soir.
En effet, il nous avait été rapporté que la sueur du petit Raphaël sentait (je cite) "le daim". Que nenni ! Le transpireur est venu se plaindre lui-même de cette information erronée (allant même jusqu'à dire que sa maman ne comprenait pas cette nouveauté sudoripare) : ça ne sent pas le daim mais bel et bien le nem. Hé oui. Incroyable. Et tout le monde trouve ça normal...

Ces précisions étant faites, revenons au déroulement de la journée.
Un grand soleil printanier éclaire la colline en ce beau matin. Les corps sont reposés, les visages repulpés et la bonne humeur est générale.

Petit retour sur l'installation à l'hôtel : Celui-ci se révèle charmant, est sis au milieu d'un grand parc planté de pins centenaires et propose une connexion WiFi tout à fait aléatoire, d'où une publication tardive de l'article du jour. Soyez rassurés, ce sera pareil ce soir.

Il est 9h30, nous filons entre 25 feux rouges et trois embouteillages vers la Ville Eternelle dont le nuage de pollution se dévoile délicatement dans les nimbes de l’aube naissante.

Au programme de la matinée : la découverte du quartier de l’EUR, ses colonnes carrées et massives, son architecture fasciste, ses lourdes colonnades rondes et puissantes. Bref, du bonheur pour l’amateur du genre. Les troupes s’intéressent, respectent globalement les consignes et M. Destribats peut jouer avec son appeau à perroquet du Brésil. Le bonheur pédagogique quoi !

Bien sûr, les esprits surchauffent parfois : la pause pique-nique donne lieu à quelques scènes étonnantes. Ainsi, à un élève qui se plaît à grimper aux arbres, l’enseignant se voit répondre : « Quand on a commencé, on ne peut pas s’arrêter ! » D’autres se roulent littéralement dans l’herbe, ou imitent le tigre ou cherchent frénétiquement des toilettes pendant toute la pause déjeuner.

Notre bus nous conduit entre deux bouchons au nord de la ville auprès du musée MAXXI. L’art contemporain est au programme. Le rituel est désormais bien réglé : Benjamin s'occupe des formalités, les professeurs expliquent laborieusement le travail à accomplir.

Et là, c’est le drame, le vrai. Pendant la dépose des sacs au vestiaire, notre groupe se retrouve accusé d’avoir dérobé un téléphone portable dans les toilettes des filles. La victime du larcin, une lycéenne italienne, soutient mordicus qu’une jeune fille blonde à tee-shirt rouge a subtilisé son smartphone.

Sûrs de la probité de nos troupes féminines qui jurent par ailleurs et la main sur le cœur qu’elles n’y sont pour rien, nous entamons la visite des lieux. Trois œuvres absconses plus tard, nous sommes invités à rejoindre l’entrée  car les carabinieri  (la police donc) nous y attendent ! (visiblement, ils n’ont que ça à faire…). Palabres, questions en italien, réponses en anglais : ça n’avance pas des masses. Voulant prouver notre bonne foi (et un peu par perfidie aussi, faut bien l’avouer), nous proposons aux représentants de la loi que toutes filles du groupe vident leurs poches devant eux (et toc !). Les pauvres gars sont bien embarrassés et préfèrent s’en tenir au visionnage de la vidéosurveillance. Pendant ce temps, les remarques fines fusent : « Huuuu alors déjà, de base, on aurait trop pas volé un Alcatel ! C’est trop pourri ! On a des Iphone nous !!! »
Finalement, la vidéosurveillance prouve l’innocence de nos pioupious : nous pouvons donc reprendre une activité normale.

Bon, l’art contemporain demeure déconcertant ou peu accessible, mais les enfants ont joué le jeu et essayé de s’atteler à la tâche… Soudain, nouvelle effervescence : un jeune Sérignanais a trouvé un portable au cinquième étage. La direction du musée veut le rencontrer pour le remercier !
Décidément, cette visite est placée sous le signe des perturbations.
Cet article est écrit dans le bus, entre deux éclats de rire et sept bouchons.
Merci aux jeunes Maéva V. et Sarah S. pour avoir essayé de nous apprendre deux trois mots (mais que ce fut dur !


Quartier de l'EUR en contre-jour


le contre-jour, leçon 2







La tête travaille...

et les pieds souffrent!






Pause pique-nique

L'esprit simiesque est avec nous



Ready for the next

Arrivée au musée MAXXI




Garde à vue des élèves


Les garçons ont leur version !






Retour à l'hôtel : pour commencer, un bon repas convivial pour se raconter - ou pas - la journée :


Les chérubins sont plus en forme qu'hier soir. Le corps enseignant est obligé de demander poétiquement le silence (euphémisme). Les nerfs optiques sont également soumis à rude épreuve tant les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. La preuve :


Les premières "cagades" sont commises... Exemple d'une "cagade" : on descend tous les quatre dans la salle de restaurant et on laisse la porte de la chambre grande ouverte, avec la clé dans la serrure (ceci est un grand classique). Bien entendu, l'équipe encadrante veille au grain (comme toujours) et répare les bévues de ces chers petits. Mais non sans profiter de l'occasion pour inculquer aux apprenants quelques notions élémentaires de l'ascenseur émotionnel. Ainsi donc, les locataires de la chambre numéro 409 ont d'abord eu la joie de retrouver leur clé perdue, puis la cruelle déception de retrouver leur chambrée proprement mise en l'envers par de mystérieux vengeurs pas masqués. "Mais il va nous falloir au moins une heure pour tout ranger ! " "Ben ouais ! ".


Nous passerons sur les dernières turpitudes de la soirée (maquillage pour les uns, travestissement pour les autres) : nous réfléchissons à une réaction éducative appropriée et bienveillante. Il est grand temps de boire une petite verveine et hop ! au dodo.

PS : Cet article est dédié à tous les lotus saccagés et aux chakras en PLS.

Aux photos : tous
Au texte : F.  K. et T. P.